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Mar Saba - Maronite (Eddé / El Batroun)

 

Mar Saba

 

***   DERNIERE MINUTE (le 12/11/2013) : la restauration des fresques a été terminée durand le mois d’octobre par une équipe de restaurateurs russes, toujours sous la direction de M. Vladimir Sarabyanov.

 

Les fresques restaurées seront inaugurées le 16 novembre en présence de son excellence Mgr. Mounir Khayrallah, évêque du diocèse maronite de Batroun, et de son excellence l’ambassadeur de la Fédération de Russie M. Alexandre Zasypkin.   ***

 

L’église de Mar Saba est une église maronite dédiée à un saint Saba, qui veut dire sage, vieillard, en syriaque. On accède au village de Eddé par la ville côtière de Batroun, d’où l’on se dirige vers la montagne, en direction de Eddé-Bejdarfel. Il faut compter une dizaine de minutes en voiture entre Batroun et Eddé.

 

Il existe dans le sanctoral des Églises d’Orient différents saints du nom de Saba. L’un était Saba Gûshniâzd, originaire de Beit Glâl dans le sud-est de l’Iraq actuel, et moine (m. 488) ; sa commémoration syriaque orientale avait lieu le 20 août; un autre  saint, Saba Pirgushnasp, était un enfant martyr, persécuté dans le Beit ‘Arabayé (nord de Bagdad) sous Sapor II avec des milliers d’autres chrétiens vers 363. Il est commémoré dans le martyrologe  de Rabban Saliba (syriaque orthodoxe) au 23 janvier, 16 avril, et au 16 août. Le calendrier syriaque oriental moderne le commémore également le 16 août. Et puis le fameux Saba le Mutalasque, moine-ermite, fondateur en 478 d’une laure palestinienne, défenseur de Chalcédoine, thaumaturge, mort en 532. Sa fête est le 5 décembre.

A Eddé, la fête du saint est traditionnellement célébrée par les Maronites le 25 août.

 

À l’époque des Croisades, un chevalier Raymond d’Éddé faisait partie, en 1249, de l’entourage des Gibelet-Porcelet. Le village appartenait de ce fait à des seigneurs francs, qui étaient vassaux des seigneurs de Gibelet, les Embriaci. Cette influence franque sur Eddé se révèle dans l’architecture de l’église médiévale de Mar Saba. Celle-ci comprend de nombreux détails spécifiques de l’architecture croisée au Liban, dont par exemple l’aménagement d’une niche cintrée dans la paroi absidiale surmontée d’une lucarne rectangulaire, comme à Keftoune. Deux oculus de forme étoilée éclairent aussi la nef, l’un au-dessus de l’arc triomphal, l’autre dans le mur de la façade ouest.

 

L’église de Mar Saba comprend des fresques exécutées en l’année 1575 des Grecs/1264. Les Maronites avaient réussi cette année-là à repousser, de concert avec les Francs, une violente attaque du sultan mamelouk Baybars sur Tripoli. Baybars avait  pu conquérir al-Qulay‘ât (La Qolée des Croisés), et Aarca (site du ‘Akkar). Il avait mis le siège devant Tripoli, alors gouvernée par le prince Bohémond VI, mais les montagnards maronites « fondirent sur eux de leur montagne », selon l’expression de la Chronique du patriarche Douayhi (m. 1704), et mirent en déroute les soldats mamelouks.

 

A la suite de leur victoire, les Maronites ont construit des églises à Husrâyil et sur la côte, et ont notamment achevé les fresques du mur nord de l’église de Mar Saba, selon une inscription du peintre des fresques, que Douayhi a lue mais qui ont été effacées depuis, datée de l’année 1575 des Grecs.

 

Les fresques

 

Mur nord : Il comprend des fresques dont une Dormition de la Vierge. Inscriptions syriaques.

Mur sud : Une Vierge en majesté, avec le Christ à peine visible au milieu de la poitrine.

Au moins quatre saints cavaliers étaient représentés sur les parois latérales et les arcades, dont un Saint Georges. Il n’en reste malheureusement que des fragments.

 

L’église de Mar Saba comprend également une Crucifixion, avec Saint Jean et la Sainte Vierge se tenant de part et d’autre de la croix. On distingue une inscription syriaque en estranguelo. Trois femmes sont avec la Vierge Marie. Au niveau supérieur de la fresque deux anges volent de part et d’autre de la croix, tandis que l’un d’eux cache son visage de douleur avec ses mains. On aperçoit le soleil. Un troisième ange déroule un volumen avec caractères syriaques.

 

Les fresques de l’église ont été systématiquement martelées, et celles qui ont survécu à cette tentative de destruction ne sont visibles qu’à travers un voile de piquetages sur les murs.

 

La restauration

 

Une première phase de restauration a été effectuée au printemps 2012 par une équipe de restaurateurs russes, sous la direction de M. Vladimir Sarabyanov, professeur en Histoire de l’art et en techniques de restauration à l’université Saint-Tychon de Moscou.

 

Cette phase, qui a duré six semaines, a bénéficié du soutien de l’évêché maronite de Batroun et de la municipalité de Eddé.

 

 

Pour en savoir plus :

    -    Levon NORDIGUIAN et Jean-Claude VOISIN, Châteaux et églises du Moyen Age au Liban, éd. Terre du Liban (1999, rééd. 2009)

    -    Mahmoud ZIBAWI, Images chrétiennes du Levant. Les décors peints des églises syro-libanaises au Moyen Age, CNRS éditions, Paris, 2009

    -    Nada HELOU, La fresque dans les anciennes églises du Liban, volume I (Jbeil et Batroun), éd. Aleph, 2007

    -    Nada HELOU, L’église de Saint Saba à Eddé Batroun, in Parole de l’Orient, 28, 2003

    -    Nada HELOU, Les fresques de l’église de Saint Saba à Eddé Batroun (Liban) in XXe Congrès International des Etudes Byzantines, Pré-actes, III, Communications libres, Paris, 2001

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