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Saydet Naya - Maronite (Kfar Chlaiman / El Batroun)

Avant

Après
                                                        (Copyright L. Nordiguian)

 

Saydet Naya (Notre-Dame-des-Vents)

 

Itinéraire : 18 km à l’est de Batroun en direction de Sourate, Jdabra, Bejdarfel. De Sourate une route à droite monte vers la colline de Kfar Shleiman (750 m d’altitude).

 

La chapelle de dimensions très réduite (2,75 x 1,48m) est aménagée dans ce qui semble être à l’origine une citerne antique creusée entièrement dans le rocher. L’orifice sommital de la citerne a été bouché et une porte a été percée dans la paroi est. L’accommodation de la chapelle à une structure préexistante explique le fait que l’autel est placé contre la paroi sud plutôt qu’à l’est, comme cela se fait habituellement en Orient. La chapelle faisait probablement partie d’un ensemble monastique ou cénobitique. Toutes les parois, y compris le plafond, sont décorées de peintures inégalement conservées. Elles ont été restaurées en février 2007 grâce à l’AREFML, le soutien financier de l’Association Philippe Jabre, l’aide logistique de l’association locale du village de Sourate, et la restauratrice de fresques Livia Aliberti de Consorzio Arké à Rome.

 

Plafond

La figure du Christ en Majesté trône dans les cieux à la fin des temps, image qui témoigne de la résurrection du Seigneur et de son triomphe sur la mort. Il est entouré des créatures célestes - un séraphin et un chérubin - dont seule, une figure à six ailes est encore visible. Le Christ est également entouré du Tétramorphe, les symboles des 4 évangélistes desquels ne subsistent que la figure du lion, pour Marc, et celle de l’ange, pour Matthieu, qui évoquent sa gloire. De part et d’autre de la tête du Christ deux médaillons représentent le soleil et la lune, symbole de son pouvoir éternel.

 

Mur sud

La paroi sud comprend deux registres, dont le premier au niveau supérieur est occupé par une Déisis. Au centre de la composition le Christ est représenté en buste, tenant le Livre d’une main et bénissant de l’autre. La Vierge à gauche, et Jean Baptiste, dit le Précurseur, à droite, figurés dans une attitude de supplication, intercèdent auprès de Lui en faveur de l’humanité. La scène de la Déisis est représentée dans la plupart des absides des églises du Liban, car elle évoque la Seconde Venue du Sauveur, le jour du Jugement dernier. Plus bas, deux diacres se tiennent de part et d’autre d’un autel ; ils sont reconnaissables à leurs vêtements blancs et aux attributs liés à leur fonction: le ruban qui descend de leur épaule, l’encensoir et la boîte d’encens

 

Mur est

A gauche de l’entrée, la Mère de Dieu allaitant l’Enfant-Jésus est assise sur un trône. L’image a une signification eucharistique, car le lait est assimilé au vin de la Communion. Les représentations de la Vierge allaitante sont plus répandues dans la peinture médiévale de l’Orient chrétien qu’ailleurs.

A droite de l’entrée, à l’intérieur d’un panneau délimité par un gros trait rouge on peut voir un sagittaire s’apprêtant à tirer sa flèche sur un capridé. Les deux figures sont séparées par une croix où il est écrit en grec : « le Christ vainc ». Il s’agit de la vision de saint Eustache auquel le Christ est apparu alors qu’il poursuivait un cerf. Cette manifestation divine entraîna sa conversion.

 

Mur nord

Un saint cavalier à peine visible, probablement saint Georges, occupe le mur du fond, à l’opposé de la Déisis ; cette image est très vénérée en Orient où les saints soldats chevauchant apparaissent en protecteurs et défenseurs des fidèles.

 

Mur ouest

Il ne reste presque rien des peintures qui ornaient la paroi occidentale en face de l’entrée. Les fragments conservés laissent cependant deviner l’existence d’une seconde représentation d’une Vierge trônant, placée exactement en vis-à-vis de l’image de la Mère de Dieu allaitant l’Enfant, qui affirme l’Incarnation du Verbe divin.

Dans le prolongement de ce panneau, vers la droite, la paroi est constellée d’étoiles, et à l’extrémité nord du mur, dans un enfoncement de la paroi rocheuse, il y avait le portrait en pied d’un saint, dont il ne reste que les contours du nimbe.

 

Interprétation et style

La décoration des églises a une valeur symbolique. Dans cette chapelle, les représentations de saints, dont seule celle de saint Eustache est clairement identifiée, possèdent des valeurs protectrices ; les deux représentations de la Vierge Marie, dont seule une est encore visible, ont probablement donné le nom à cet oratoire : Sayyidat Naya. Il pourrait s’agir d’un ermitage, ou d’une cellule quelque peu séparée du reste de l’église qui était construite un peu plus bas, cellule décorée par un moine qui y vivait.

Le style de ces peintures se rattache à la tradition syriaque du XIIIe siècle dans sa forme la plus simplifiée, qualifiée de monastique.

 

Pour en savoir plus :

    -    Levon NORDIGUIAN et Jean-Claude VOISIN, Châteaux et églises du Moyen Age au Liban, éd. Terre du Liban (1999, rééd. 2009)

    -    Mahmoud ZIBAWI, Images chrétiennes du Levant. Les décors peints des églises syro-libanaises au Moyen Age, CNRS éditions, Paris, 2009

    -    Nada HELOU, La fresque dans les anciennes églises du Liban, volume I (Jbeil et Batroun), éd. Aleph, 2007

Sur les chevaliers de Sourate, lire l'article de Ray Mouawad  

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